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COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DU 8 MARS ORGANISEE PAR NEGAR A KABOUL
Pour la deuxième fois depuis la fin de la guerre, NEGAR a voulu célébrer à Kaboul le 8 mars, Fête internationale des Femmes et s'associer à la Marche Mondiale des Femmes
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17-01-2018
 
 
COMPTE RENDU de la MISSION KODAKISTAN - 6/13 mars 2005 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
COMPTE RENDU de la MISSION KODAKISTAN - 6/13 mars 2005
Une SOCIETE RUDE et INEGALITAIRE
La VIE QUOTIDIENNE
Les MALADIES de la SOCIETE
SITUATION POLITIQUE
Des NOUVELLES du KODAKISTAN
Quelques PHOTOS



Situation politique :

L’ ambiance à Kaboul est tendue du fait de problèmes politiques..
Les américains ont fait sortir de prison, sous couvert de réconciliation nationale, des anciens talibans; tout ceci est extrêmement mal vécu par une partie de la population et conduit à des excès.
Politiquement, on est au milieu du gué, entre l’adoption de la Constitution en janvier 2004 (qui reconnaît les droits des femmes à égalité avec les hommes, mais qui se soumet aux lois islamiques), l’élection présidentielle en octobre 2004, largement remportée par Hamid Karzaï, désormais « Président élu », et des élections législatives, plusieurs fois reportées, qui auront lieu en septembre 2005.

Du côté des femmes, la conscience de leur représentation et de leur poids politique est claire. Sur 26 millions d’habitants, il y a 60% de femmes. Fin 2004, pour les présidentielles, 42% d’entre elles étaient inscrites sur les listes électorales. Dans la future chambre des députés il devrait y avoir 25% de femmes. Deux sièges par département leur sont réservés.
Elles revendiquent ( cf. compte- rendu sur le 8 mars organisé par NEGAR que l’on peut lire sur www.afghana.org) la mise en application de la Constitution, que celle-ci ne reste pas « lettre morte », ainsi que le réclamait Shoukria dans son intervention du 8 mars. Beaucoup de femmes ont une conscience politique aiguisée. Il est tout à fait impressionnant de les voir prendre la parole en public, sans notes, avec aisance et détermination. Elles n’ont pas la langue de bois et ne manifestent aucune gêne pour dénoncer les violences les plus « taboues ».
La ministre des Affaires féminines, Massouda JALAL, candidate aux élections présidentielles, est perçue comme quelqu’un qui veut agir et qui est ouverte.

Une exaspération anti- américaine largement partagée ( et en même temps, si les américains s’en vont, qui assurera la paix ?) se fait jour avec, comme corollaire, une confiance accrue en la France et en l’Europe, témoin la demande d’apprentissage du français qui ne cesse de croître.
C’est tout à fait nouveau. En 2002, nous avions constaté l’existence de nombreux cours d’anglais organisés à l’initiative d’associations. Il s’y pressait beaucoup de jeunes désireux de communiquer avec les occidentaux. Je me souviens d’avoir regretté que l’enseignement du français si bien représenté avant les années noires en Afghanistan ait laissé la place. Aujourd’hui, tout le monde baragouine un peu d’anglais, même les petits mendiants de la rue, mais la première question qui est posée, c’est si l’on est américain. Et le mot « França » est un sésame.
Il y a des cours de français le matin tôt et le soir tard au cinéma « Ariana », réhabilité par l’association des cinéastes français, pour les gens qui travaillent dans la journée, et ces cours font le plein. Les soldats afghans dont la France encadre la formation et qui ont des cours d’anglais obligatoires, ont demandé qu’on leur ajoute des cours de français dans leur cursus. Malheureusement il y a peu de volontaires français qui acceptent d’aller s’installer là- bas pour enseigner le français surtout avec des salaires frisant le SMIC!

Du côté de l’aide internationale, quelques bruits de la polémique concernant les ONG, à la suite de déclarations d’un ancien ministre, dont on a pu lire des échos dans la publication de l’association Afrane, reprise sur le site d’afghana.org. ( qui ne reprennent ni l’une ni l’autre ces accusations à leur compte, mais dont les personnes compétentes disent qu’il y a pas mal de vrai).
Nous avons pour notre part visité ou vu les réalisations françaises les plus importantes : , réhabilitation des lycées Malalaï et Istiqlal, déjà vus en 2002, du cinéma Ariana, de l’hôpital mère- enfants de l’association « Enfants- Afghanistan » de Muriel Robin et Marine Jacquemin, (réalisation Bouygues)..


Que dire pour conclure après un séjour à la fois bref et riche d’enseignements, dans une ville où en une journée on peut voir beaucoup de monde, de personnalités et de responsables, et obtenir beaucoup d’informations ?
Tout d’abord constater les énormes progrès réalisés en 3 ans. Mais aussi la permanence des problèmes qui perdurent mais sont comme cachés aujourd’hui.
On est heureux de ne plus voir de tchadri dans le centre- ville, mais il reste tous les graves problèmes de la prostitution, des violences, de la santé et de la survie pour les femmes et les enfants!
L’impression est mélangée, faite à la fois d’admiration pour le courage du peuple qui n’aspire qu’à la paix et à travailler, d’optimisme pour ses capacités d’adaptation et son intelligence, mais aussi de soucis devant tout ce qui manque, devant tous les dangers qui sont là, malgré l’aide internationale d’ailleurs insuffisante ( et après le tsunami qu’en restera-t-il ?).
Crainte en particulier pour les femmes qui sont prêtes à s’emparer des outils de la démocratie que la nouvelle constitution leur a donnés, mais qui ont bien besoin d’aide pour prendre en charge à moindre risque ces responsabilités.
Les personnes les plus crédibles sur l’avenir de l’Afghanistan défendent l’idée qu’il faut aider les afghans à s’approprier les outils de leur reconstruction et préconiser les projets de petite envergure surtout quand ils s’engagent à assurer un suivi de gestion, plutôt que les projets lourds et ambitieux, qu’il faut aller vers les micro-crédits déjà expérimentés ailleurs. L’exemple du développement de l’Inde semble être un modèle pertinent.



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