{"id":156,"date":"2014-11-02T14:31:19","date_gmt":"2014-11-02T13:31:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/?p=156"},"modified":"2023-06-25T13:12:00","modified_gmt":"2023-06-25T11:12:00","slug":"shoukria-haidar-presidente-de-negar-laureate-du-prix-2014-de-la-laicite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/shoukria-haidar-presidente-de-negar-laureate-du-prix-2014-de-la-laicite\/","title":{"rendered":"Shoukria HAIDAR, pr\u00e9sidente de NEGAR laur\u00e9ate du Prix 2014 de la La\u00efcit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Une femme afghane, un chef d\u2019entreprise fran\u00e7ais et deux philosophes, laur\u00e9ats du Prix 2014 de la La\u00efcit\u00e9<br \/>\n&#8211; 27 octobre<\/p>\n<p>Une militante afghane, un chef d\u2019entreprise fran\u00e7ais et deux philosophes sont les laur\u00e9ats de la 9e \u00e9dition du Prix de la La\u00efcit\u00e9, d\u00e9cern\u00e9 ce lundi 27 octobre 2014 \u00e0 la Mairie de Paris, en pr\u00e9sence de la Maire de Paris, Mme Anne Hidalgo, du Pr\u00e9sident du jury, Jean Glavany, d\u00e9put\u00e9 et ancien ministre, et de Patrick Kessel, Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 La\u00efcit\u00e9 R\u00e9publique, organisateur de la manifestation.<\/p>\n<p>Le \u00ab Grand Prix international \u00bb a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 Mme Shoukria Ha\u00efdar, pr\u00e9sidente de l\u2019association NEGAR de soutien aux femmes afghanes, d\u00e9fenseure de la la\u00efcit\u00e9, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes, de l\u2019\u00e9ducation pour tous, et en particulier des filles, et des droits des femmes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"titre_art\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Yvette-Roudy-et-Shoukria-Ha\u00efdar-le-8.11.2014.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-178\" src=\"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Yvette-Roudy-et-Shoukria-Ha\u00efdar-le-8.11.2014.jpg\" alt=\"Yvette Roudy et Shoukria Ha\u00efdar le  8.11.2014\" width=\"2592\" height=\"1944\" srcset=\"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Yvette-Roudy-et-Shoukria-Ha\u00efdar-le-8.11.2014.jpg 2592w, https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Yvette-Roudy-et-Shoukria-Ha\u00efdar-le-8.11.2014-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Yvette-Roudy-et-Shoukria-Ha\u00efdar-le-8.11.2014-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Yvette-Roudy-et-Shoukria-Ha\u00efdar-le-8.11.2014-400x300.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 2592px) 100vw, 2592px\" \/><\/a>yVETTE ROUDY ET SHOUKRIA HAIDAR LE 8 NOVEMBRE 2014<\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\">SHOUKRIA HA\u00cfDAR<br \/>\nDiscours lors de la remise du Prix International La\u00efcit\u00e9<br \/>\nD\u00e9cern\u00e9 par le Comit\u00e9 La\u00efcit\u00e9- R\u00e9publique,<br \/>\nH\u00f4tel de Ville de Paris<br \/>\n27 octobre 2014<br \/>\nMadame la Maire,<br \/>\nMesdames, Messieurs,<br \/>\nMes ch\u00e8r-e-s ami-e-s,<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Bonjour,<br \/>\nJe remercie Mme Anne Hidalgo, Maire de Paris, M. Patrick Kessel, Pr\u00e9sident du<br \/>\nComit\u00e9 La\u00efcit\u00e9-R\u00e9publique et les membres du jury du Prix La\u00efcit\u00e9- R\u00e9publique qui<br \/>\nm\u2019ont fait l\u2019honneur de m\u2019inviter aujourd\u2019hui et de m\u2019attribuer le Prix International<br \/>\nde la La\u00efcit\u00e9.<br \/>\nJe vais tout d\u2019abord tenter d\u2019exprimer ici le sens de mon engagement, puis je dirai o\u00f9,<br \/>\ndans ce parcours qui est le mien, j\u2019ai rencontr\u00e9 la la\u00efcit\u00e9, et quel espoir je mets en elle.<br \/>\nMon engagement a commenc\u00e9 en 1996 lorsque j\u2019ai appris que les talibans avaient pris<br \/>\nKaboul. J\u2019\u00e9tais alors en France. J\u2019en ai \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e, parce que je connaissais les<br \/>\ntaliban, je savais de quoi ils \u00e9taient capables, et ce que cela voulait dire. Personne ne<br \/>\nsavait cela en France, ce qui est normal. C\u2019\u00e9tait \u00e0 moi de le faire comprendre aux<br \/>\nfran\u00e7ais. Si je ne le faisais pas, si je restais inactive, si je ne le d\u00e9non\u00e7ais pas, cette<br \/>\npassivit\u00e9 faisait de moi une collaboratrice des taliban. Je me sentais dans l\u2019obligation<br \/>\nabsolue de le faire.<br \/>\nCela a \u00e9t\u00e9 le moment le plus douloureux de ma vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><!--more--><br \/>\nDans cette circonstance terrible, je ne savais pas vers qui me tourner : je ne savais rien<br \/>\nde l\u2019organisation institutionnelle de la France, ni des associations de d\u00e9fense des<br \/>\nDroits des Femmes, ni des instances de d\u00e9fense des Droits Humains. Je ne savais pas<br \/>\n\u00e0 quelle porte frapper, ni o\u00f9, ni \u00e0 qui m\u2019adresser.<br \/>\nJ\u2019ai alors rencontr\u00e9 une journaliste fran\u00e7aise ; elle m\u2019a dirig\u00e9e vers l\u2019Union des<br \/>\nFemmes fran\u00e7aises qui \u00e9tait en train de pr\u00e9parer pour la semaine suivante un<br \/>\nCongr\u00e8s International des Femmes \u00e0 la Plaine Saint-Denis. La pr\u00e9sidente de l\u2019Union<br \/>\ndes Femmes Fran\u00e7aises, Sylvie Jan, apr\u00e8s m\u2019avoir entendue, m\u2019a accord\u00e9 2 minutes<br \/>\nde temps de parole \u00e0 l\u2019ouverture du Congr\u00e8s pour dire ce qui se passait \u00e0 Kaboul.<br \/>\nEn quoi \u00e9tait-il impossible d\u2019accepter le pouvoir des taliban ? Pour la 1\u00e8re fois dans<br \/>\nl\u2019histoire de l\u2019Afghanistan, la totalit\u00e9 des droits des femmes \u00e9tait \u00e9radiqu\u00e9e par<br \/>\nd\u00e9crets officiels : le droit de travailler, de se soigner, de sortir de chez elles, de porter<br \/>\ndes v\u00eatements blancs, l\u2019obligation leur \u00e9tait faite de porter le tchadri. Pour l\u2019ensemble<br \/>\nde la population, il \u00e9tait d\u00e9sormais interdit d\u2019\u00e9couter de la musique, d\u2019aller au<br \/>\ncin\u00e9ma, les hommes \u00e9taient oblig\u00e9s de porter la barbe. C\u2019\u00e9tait inacceptable !<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 trois \u00e9tats (l\u2019Arabie Saoudite, le Pakistan et les \u00c9tats Arabes Unis) avaient<br \/>\nreconnu l\u2019\u00c9tat taliban. L\u2019Europe s\u2019appr\u00eatait \u00e0 suivre. Il fallait absolument emp\u00eacher<br \/>\ncela.<br \/>\nDans ce Congr\u00e8s, il y avait de tr\u00e8s nombreuses femmes militantes ainsi que des<br \/>\nresponsables politiques venues du monde entier, dont certaines \u00e9taient tr\u00e8s connues.<br \/>\nMa br\u00e8ve intervention a \u00e9t\u00e9 accueillie tr\u00e8s chaleureusement : elles se sont lev\u00e9es et<br \/>\nont applaudi de longues minutes ma prise de parole. Parmi elles, se trouvaient<br \/>\nYvette Roudy, ancienne ministre des droits de la femme de Fran\u00e7ois Mitterrand,<br \/>\nMarie-Georges Buffet, Antoinette Fouques, Dani\u00e8le Mitterrand et S\u00e9gol\u00e8ne Royal&#8230;et<br \/>\ntant d\u2019autres qui sont venues me voir.<br \/>\nCe Congr\u00e8s des f\u00e9ministes mondiales a permis de gagner beaucoup de temps.<br \/>\nYvette Roudy, alors d\u00e9put\u00e9e du Calvados, m\u2019a demand\u00e9 ce jour-l\u00e0 de lui faire une<br \/>\nnote sur la situation de p\u00e9ril de l\u2019Afghanistan. Je lui ai remis un rapport de 17 pages,<br \/>\nsur lequel elle s\u2019est appuy\u00e9e, en commission \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, en ma<br \/>\npr\u00e9sence, pour \u00e9voquer la situation de l\u2019Afghanistan.<br \/>\nPar la suite, de 1996 \u00e0 2001, j\u2019ai appris \u00e0 conna\u00eetre, au fil des ann\u00e9es et de rencontres<br \/>\nmultiples, l\u2019existence et l\u2019importance du mouvement f\u00e9ministe en France et dans le<br \/>\nmonde. J\u2019ai \u00e9galement rencontr\u00e9 les mouvements qui d\u00e9fendent les Droits Humains : 3<br \/>\nAmnesty International, La Ligue des Droits de l\u2019Homme, les syndicats \u2013 dont les<br \/>\nsyndicats enseignants \u2013 les partis politiques, les loges f\u00e9minines franc-ma\u00e7onnes, le<br \/>\nParlement et les institutions europ\u00e9ennes, les diverses instances des Nations Unies.<br \/>\nPartout, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 t\u00e9moigner.<br \/>\nJ\u2019ai appris ce qu\u2019\u00e9tait la la\u00efcit\u00e9 d\u2019Etat, et les bienfaits de la la\u00efcit\u00e9, telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9<br \/>\nmise en place en France.<br \/>\nDans la m\u00eame p\u00e9riode, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue par les sept femmes ministres du gouvernement<br \/>\nde Lionel Jospin qui ont fait bloc pour apporter leur soutien \u00e0 NEGAR.<br \/>\nPuis Lionel Jospin, lui-m\u00eame, m\u2019a invit\u00e9e dans son bureau, \u00e0 Matignon.<br \/>\n\u00ab Je vous rassure, m\u2019a-t-il dit clairement, la reconnaissance des taliban ne passera pas<br \/>\npar la France, et nous ferons tout pour qu\u2019elle ne passe pas par l\u2019Europe. \u00bb<br \/>\nToutes ces ann\u00e9es de lutte ont permis d\u2019arr\u00eater le mouvement taliban, et de mobiliser<br \/>\nl\u2019opinion internationale en faveur des femmes afghanes.<br \/>\nDurant cette p\u00e9riode et depuis la cr\u00e9ation de NEGAR-Soutien aux femmes<br \/>\nd\u2019Afghanistan en 1996, un millier de manifestations diverses ont eu lieu \u00e0 l\u2019initiative<br \/>\nde NEGAR ou auxquelles NEGAR a particip\u00e9. Je me suis d\u00e9plac\u00e9e pour parler des<br \/>\nfemmes afghanes dans la plupart des villes de France et d\u2019Europe, au Parlement<br \/>\neurop\u00e9en, aux Etats Unis, et m\u00eame aupr\u00e8s de la Banque mondiale\u2026<br \/>\n21 comit\u00e9s locaux, plus de mille b\u00e9n\u00e9voles, travaillaient pour l\u2019association NEGAR.<br \/>\nDans de nombreuses villes en France, mais aussi en Allemagne, en Belgique, aux<br \/>\nUSA, en Su\u00e8de etc\u2026<br \/>\nAu bout du compte, la reconnaissance de l\u2019\u00e9tat taliban a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9e et un large<br \/>\nsoutien aux femmes afghanes a \u00e9t\u00e9 mis en place. Nous avons obtenu le soutien des<br \/>\nresponsables politiques europ\u00e9ens. M\u00eame, un jour, la grande duchesse du<br \/>\nLuxembourg m\u2019a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 personnellement.<br \/>\nEn 2001, \u00e0 la chute des taliban, une nouvelle \u00e9tape s\u2019ouvrait. Il s\u2019agissait de<br \/>\nreconstruire l\u2019Afghanistan avec tous les soutiens venus du monde entier. Ces<br \/>\nsoutiens, mobilis\u00e9s en priorit\u00e9 en faveur des droits des femmes afghanes, ont<br \/>\ngrandement particip\u00e9 \u00e0 la reconstruction de l\u2019Afghanistan : c\u2019est bien gr\u00e2ce \u00e0 cette<br \/>\nmobilisation que les aides internationales lui ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es.<br \/>\nDepuis 2001, les femmes afghanes ont repris leur travail, elles se sont fait une place<br \/>\nl\u00e9gitime \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale et au S\u00e9nat, les droits des femmes, enfin, ont \u00e9t\u00e9 4<br \/>\nreconnus. Aujourd\u2019hui, plus de 3 millions de petites filles se rendent \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Dans<br \/>\ntoutes les universit\u00e9s, et dans toutes les branches du savoir, les filles poursuivent<br \/>\nleurs \u00e9tudes.<br \/>\nEn 2004, une nouvelle Constitution de l\u2019Afghanistan a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e ; dans son article 22,<br \/>\nest inscrite l\u2019\u00e9galit\u00e9 de droits et de devoirs entre les femmes et les hommes<br \/>\nd\u2019Afghanistan. Apr\u00e8s le d\u00e9part des taliban, alors que les populations de<br \/>\nl\u2019Afghanistan, exasp\u00e9r\u00e9es contre les taliban et leurs pratiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes,<br \/>\ns\u2019ouvraient avec la plus grande d\u00e9termination aux droits des femmes, NEGAR a<br \/>\nlargement particip\u00e9 \u00e0 cette mobilisation dans le cadre de la pr\u00e9paration de la<br \/>\nConstitution, afin d\u2019y faire inscrire les droits des femmes.<br \/>\nQue dit la Constitution sur le plan qui nous int\u00e9resse aujourd\u2019hui ?<br \/>\nL\u2019Islam est la religion de l\u2019\u00c9tat qui a l\u2019obligation de respecter les principes de l\u2019Islam.<br \/>\nL\u2019Afghanistan n\u2019est donc pas un pays la\u00efc ; il est cependant g\u00e9r\u00e9 par une<br \/>\nConstitution. Celle-ci reconna\u00eet en outre aux minorit\u00e9s le droit de pratiquer leur<br \/>\nreligion. Elle reconna\u00eet \u00e9galement les engagements internationaux dont l\u2019Afghanistan<br \/>\nest signataire, tels les trait\u00e9s et chartes internationaux garantissant les droits de<br \/>\nl\u2019homme, ceux des enfants, ceux des femmes. La libert\u00e9 de la presse, la libert\u00e9<br \/>\nd\u2019expression, la libert\u00e9 politique, d\u2019association et le droit de gr\u00e8ve sont assur\u00e9s par la<br \/>\nConstitution.<br \/>\nQuant \u00e0 la la\u00efcit\u00e9, quel r\u00f4le peut-elle jouer en Afghanistan ?<br \/>\nDepuis 35 ans, les conflits id\u00e9ologiques et religieux ont fait plus de 4 millions de<br \/>\nmorts et 3 millions de bless\u00e9s et handicap\u00e9s, pour une population \u00e9valu\u00e9e, il y a 20<br \/>\nans, \u00e0 20 millions environ. Ces conflits ont en outre contraint la majorit\u00e9 de la<br \/>\npopulation \u00e0 se d\u00e9placer, ou \u00e0 \u00e9migrer.<br \/>\nAujourd\u2019hui l\u2019Afghanistan est confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes multiples avec les<br \/>\nextr\u00e9mistes de tous bords. Les bombes explosent tous les jours. Tous les jours, 10 \u00e0 20<br \/>\npersonnes sont tu\u00e9es par des explosions ou des attentats-suicides, et autant sont<br \/>\nbless\u00e9es ou handicap\u00e9es.<br \/>\nSunnites, Chiites, Isma\u00e9lites, Wahhabites, groupes Taliban, r\u00e9seaux tels Haqqani, &#8211;<br \/>\ntous divis\u00e9s eux-m\u00eames en divers sous-groupes, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Afghanistan et \u00e0<br \/>\nl\u2019ext\u00e9rieur, principalement \u00e0 la fronti\u00e8re pakistanaise -, sans compter la nouvelle<br \/>\nprogression de DAESH\u20265<br \/>\nChacun de ces groupes religieux veut prendre le pouvoir pour imposer son<br \/>\ninterpr\u00e9tation de la religion, offrant un visage de l\u2019Islam extr\u00eamement mena\u00e7ant,<br \/>\ndangereux et propice \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Si cela continue, on se dirige vers des<br \/>\naffrontements terribles !<br \/>\nEst-ce que, dans ce contexte, la la\u00efcit\u00e9 peut-\u00eatre un moyen pour l\u2019Afghanistan de<br \/>\nd\u00e9passer ses difficult\u00e9s actuelles ? Pourrait-elle sauver ce pays ?<br \/>\nLes afghans dans leur majorit\u00e9 sont tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9s, voire hostiles, sur la la\u00efcit\u00e9.<br \/>\nLes milieux populaires n\u2019en ont jamais entendu parler, et ne s\u2019en soucient pas.<br \/>\nDans les milieux politis\u00e9s, il y a une grande hostilit\u00e9 quant \u00e0 la d\u00e9finition de \u00ab la\u00efc \u00bb<br \/>\net de \u00ab la\u00efcit\u00e9 \u00bb. Tout d\u2019abord, le mot n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent en persan. La la\u00efcit\u00e9, dans<br \/>\nla culture collective, \u00e9quivaut \u00e0 une id\u00e9ologie \u00ab anti-croyant \u00bb, \u00ab anti-religion \u00bb,<br \/>\n\u00ab anti-Islam \u00bb et le la\u00efc est consid\u00e9r\u00e9 comme celui qui s\u2019oppose \u00e0 la religion.<br \/>\nOn voit combien la notion elle-m\u00eame est mal comprise et mal interpr\u00e9t\u00e9e, du fait<br \/>\nd\u2019une mauvaise traduction, qu\u2019elle soit volontaire ou involontaire.<br \/>\nIl y a donc un important travail \u00e0 faire pour expliquer avec clart\u00e9 et lucidit\u00e9 ce qu\u2019est<br \/>\nla la\u00efcit\u00e9, qui, \u00e0 mes yeux, est le respect de chacun, de chaque religion, de chaque<br \/>\ngroupe. La la\u00efcit\u00e9 qui cr\u00e9e un espace o\u00f9 l\u2019on peut s\u2019expliquer par la parole, par<br \/>\nl\u2019\u00e9change et par la tol\u00e9rance et non par la violence.<br \/>\nPeut-on cr\u00e9er cet espace o\u00f9 les probl\u00e8mes et les conflits se r\u00e8gleraient par la raison et<br \/>\nla logique, dans le calme et le respect ?<br \/>\nA c\u00f4t\u00e9 des groupes que j\u2019ai cit\u00e9s, existent heureusement d\u2019autres groupes mieux<br \/>\ninform\u00e9s, compos\u00e9s de gens plus jeunes en capacit\u00e9 de s\u2019exprimer et d\u2019expliquer, qui<br \/>\nont acc\u00e8s aux moyens d\u2019information modernes, aux r\u00e9seaux sociaux, et qui<br \/>\ncomprennent le bien-fond\u00e9 de la la\u00efcit\u00e9. Ils essayent d\u2019approcher du sens de la la\u00efcit\u00e9,<br \/>\nd\u2019en donner une d\u00e9finition juste.<br \/>\nIls voient en elle un moyen de r\u00e9gler les conflits, de mettre en \u0153uvre un processus<br \/>\npaisible pour respecter les croyances religieuses et philosophiques de chacun, pour<br \/>\nvivre en paix en Afghanistan et avec le monde entier.<br \/>\nC\u2019est ce chemin vers la la\u00efcit\u00e9 que j\u2019appelle de mes v\u0153ux, pour sortir enfin des<br \/>\ndifficult\u00e9s de tous ordres, politiques, sociales, \u00e9conomiques, et pour faire de<br \/>\nl\u2019Afghanistan le pays paisible et prosp\u00e8re de demain.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Flamme afghane,&nbsp; PORTRAIT Par Pascale NIVELLE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elle a un sifflet autour du cou, en acier brillant au bout d&rsquo;un cordon noir. Le sifflet des profs de gym, ces gens souvent sans histoire. Shoukria Haidar en a l&rsquo;aspect \u00e9ternel. Les baskets hors mode, le sac de sport \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule trahissent une longue habitude, comme la voix, faite pour r\u00e9sonner sous un pr\u00e9au.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sinon qu&rsquo;elle fume beaucoup pour un ma\u00eetre auxiliaire de coll\u00e8ge, le sien est \u00e0 Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, et que son portable ne cesse de ronronner. Elle dit pardon, en roucoulant le r, et r\u00e9pond parfois en persan, langue lointaine. \u00abTous les Afghans ont une histoire\u00bb, dit- elle. Elle ne racontera pas celle de la prof de gym c\u00e9libataire de 43 ans qui vit \u00e0 La Courneuve. Un geste du pouce et de l&rsquo;index signifie qu&rsquo;il faut gagner sa vie, c&rsquo;est tout. Et que cette vie-l\u00e0 n&rsquo;en est pas une.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elle a rat\u00e9 le jour de la rentr\u00e9e. Pas de mot d&rsquo;excuse, son autre vie, pr\u00e9sidente de l&rsquo;association Negar, la retenait. Bloqu\u00e9e parmi les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re pakistanaise, quand des communiqu\u00e9s balan\u00e7aient entre la vie et la mort du commandant Massoud. Shoukria n&rsquo;a jamais vu Massoud l\u00e0-bas, mais a parl\u00e9 \u00e0 ses assassins kamikazes, vingt heures avant l&rsquo;explosion de leur Betacam. \u00abJ&rsquo;\u00e9tais dans le m\u00eame h\u00e9licopt\u00e8re, en transit vers les camps, eux avaient rendez-vous avec Massoud. Ils ont failli ne jamais arriver, tout le monde les trouvait bizarres, les douaniers, les officiels. Ils se disaient arabes, puis marocains, journalistes, membres d&rsquo;une association culturelle musulmane bas\u00e9e \u00e0 Londres. Ils avaient des passeports belges et des visas pakistanais, de gros pantalons de velours en plein \u00e9t\u00e9. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s intrigu\u00e9e, je leur ai pos\u00e9 des questions. Mais ils n&rsquo;exprimaient rien, ils \u00e9taient fades.\u00bb Le surlendemain avait lieu l&rsquo;attentat. Comme tous ceux qui avaient trouv\u00e9 les journalistes \u00abbizarres\u00bb, elle<\/p>\n<p>regrette. \u00abMais qu&rsquo;est-ce que je pouvais faire?\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vingt et un ans qu&rsquo;elle se pose cette question. En 1980, ses parents ont r\u00e9pondu pour elle: \u00abPars.\u00bb Les Sovi\u00e9tiques dans Kaboul, la r\u00e9pression \u00e9tait en marche. Shoukria venait de se faire \u00abvirer\u00bb de son job au Comit\u00e9 olympique, \u00e9pur\u00e9 \u00abcomme partout\u00bb. Son fr\u00e8re avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 plusieurs fois, pour avoir manifest\u00e9 avec des opposants. Son cousin, arr\u00eat\u00e9 le matin de son mariage, avait disparu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00abTout autour de moi, cela se vidait. J&rsquo;avais 22 ans, je ne comprenais pas tout, sauf que cela sentait mauvais et je n&rsquo;\u00e9tais pas du genre \u00e0 me taire. Mes parents ont pris peur.\u00bb Elle part pour Peshawar avec un visa de trois mois, \u00able temps que \u00e7a s&rsquo;arrange\u00bb. Puis \u00e0 Paris, invit\u00e9e par une amie, \u00aben attendant que cela se calme\u00bb. De visas en permis de s\u00e9jour, d&rsquo;espoirs en d\u00e9ceptions, vingt ans ont pass\u00e9, elle y est encore avec un seul d\u00e9sir: revivre \u00e0 Kaboul. Malgr\u00e9 la famille an\u00e9antie, les six fr\u00e8res et soeurs dispers\u00e9s dans le monde, la soeur morte en accouchant \u00e0 Kaboul, ses souvenirs d&rsquo;enfance saccag\u00e9s. \u00abIl n&rsquo;y avait aucune distinction entre gar\u00e7ons et filles, nous sortions au th\u00e9\u00e2tre, au cin\u00e9ma, nous allions au lyc\u00e9e en jean serr\u00e9. L&rsquo;uniforme comprenait un foulard, nous le portions autour du cou, Le p\u00e8re, commer\u00e7ant, enseignait un Coran de tol\u00e9rance \u00e0 ses enfants, et organisait de longues lectures de po\u00e9sie et de musique en famille. Personne ne s&rsquo;\u00e9tonnait des hippies par milliers l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Les filles \u00aben culotte et soutif\u00bb attiraient des regards intrigu\u00e9s, moins hostiles que pour le tchadri: \u00abA l&rsquo;universit\u00e9, il y en avait quelques-uns. On trouvait que c&rsquo;\u00e9tait la honte, inimaginable, on plaignait les pauvres filles l\u00e0-dessous, victimes de la tradition.\u00bb Shoukria s&rsquo;int\u00e9ressait au monde, lisait des livres en persan venus d&rsquo;Iran o\u00f9 ne r\u00e9gnaient pas encore les ayatollahs. \u00abA 11 ans, j&rsquo;ai achet\u00e9 un livre avec<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>mon argent de poche, Au Vi\u00eat-nam, il ne pleuvra pas toujours, l&rsquo;histoire d&rsquo;un gar\u00e7on et d&rsquo;une fille qui combattent pour la libert\u00e9 contre l&rsquo;Am\u00e9rique. A la fin de la guerre du Vi\u00eat-nam, on \u00e9tait tout un groupe de lyc\u00e9ens, qui sillonnait la ville en chantant. On ne se doutait pas que le prochain Vi\u00eat-nam serait l&rsquo;Afghanistan.\u00bb Shoukria se voyait ing\u00e9nieur, brillait au basket, au ping-pong et au karat\u00e9 dans les comp\u00e9titions nationales, et n&rsquo;aurait jamais pens\u00e9 quitter son pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A Paris, elle ne prend pas la peine d&rsquo;apprendre le fran\u00e7ais. Mais tente de comprendre \u00able travailleur\u00bb, dont parlaient ses lectures de jeunesse, dans les milieux gauchistes kaboulis. Comme les jeunes maos fran\u00e7ais qui \u00abs&rsquo;\u00e9tablissaient\u00bb dans les ann\u00e9es 70, elle passe un an \u00e0 la cha\u00eene dans une usine de p\u00e2tisserie. Et comprend vite qu&rsquo;elle ne pourra pas comprendre: \u00abQuand on sait qu&rsquo;on peut claquer la porte, on ne peut pas rentrer dans la peau d&rsquo;un ouvrier.\u00bb Ce sera l&rsquo;universit\u00e9 de Nice, un Capes de sport, et les premiers coll\u00e8ges de la banlieue parisienne. Vie d&rsquo;exil, les jambes sur les stades et la t\u00eate&nbsp;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elle revient en Afghanistan l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1995, vingt jours, le temps de voir les ruines, la mis\u00e8re et les milliers d&rsquo;amput\u00e9s de la guerre. Et aussi que tout n&rsquo;est pas perdu, malgr\u00e9 la \u00abguerre des seigneurs\u00bb apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime prosovi\u00e9tique: les \u00e9coles et les h\u00f4pitaux fonctionnent, les jeunes s&rsquo;amusent, les femmes travaillent. A la rentr\u00e9e, elle d\u00e9cide de monter un projet d&rsquo;aide au sport f\u00e9minin. Un mois apr\u00e8s, les talibans prennent Kaboul. \u00abLe ciel m&rsquo;est tomb\u00e9 sur la t\u00eate, raconte-t-elle. Je savais que les talibans, c&rsquo;\u00e9tait comme les nazis \u00e0 Paris. La terreur, l&rsquo;interdiction de chanter, la mosqu\u00e9e \u00e0 coups de b\u00e2ton, l&rsquo;interdiction aux femmes de regarder la lumi\u00e8re, aux enfants de jouer. C&rsquo;est une force de frappe qui ne rel\u00e8ve ni de la folie, ni des traditions.<\/p>\n<p>Par des d\u00e9crets officiels, ils ont \u00e9radiqu\u00e9 tous les droits et libert\u00e9s \u00e9l\u00e9mentaires.\u00bb Shoukria Haidar fonde Negar (un pr\u00e9nom f\u00e9minin qui signifie amour) pour venir en aide aux femmes afghanes, cr\u00e9er des \u00e9coles clandestines, des centres de soins, lancer des campagnes de presse. Elle y parvient. En 2000, quand Elle, apr\u00e8s bien d&rsquo;autres, affiche une femme en tchadri \u00e0 sa Une, son premier combat m\u00e9diatique est remport\u00e9. En juin, 300 femmes afghanes rencontrent 45 Occidentales \u00e0 Douchanb\u00e9 (Tadjikistan), pour adopter une D\u00e9claration des droits fondamentaux de la femme afghane, approuv\u00e9e par Massoud. Negar, 600 adh\u00e9rents, essaime des comit\u00e9s, intervient \u00e0 l&rsquo;ONU ou aupr\u00e8s du quai d&rsquo;Orsay quand celui-ci re\u00e7oit officiellement \u00able ministre taliban de la Sant\u00e9\u00bb. \u00abJ&rsquo;y passe ma vie\u00bb, dit Shoukria, son t\u00e9l\u00e9phone portable et sa voiture Trente ans apr\u00e8s le Vi\u00eat-nam, elle est favorable aux interventions am\u00e9ricaines, mais reste vigilante, vite virulente sur les grandes manoeuvres politiques et diplomatiques: \u00abIl faut que le Pakistan arr\u00eate de manoeuvrer. Et ces \u00ab\u00a0talibans mod\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb, on se fout du monde, cela n&rsquo;existe pas. Tant qu&rsquo;il y aura un taliban au pouvoir, les femmes souffriront.\u00bb Au dernier coup de sifflet contre les talibans, Shoukria 1957: Naissance \u00e0 Ma\u00efdan, pr\u00e8s de Kaboul.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1978: Elle travaille au Comit\u00e9 olympique. Coup d&rsquo;Etat prosovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1989: Retrait de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge, dix ans apr\u00e8s l&rsquo;invasion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1996: Prise de Kaboul par les talibans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1998: Elle obtient la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Juin 2000: Conf\u00e9rence de Douchanbe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une femme afghane, un chef d\u2019entreprise fran\u00e7ais et deux philosophes, laur\u00e9ats du Prix 2014 de la La\u00efcit\u00e9 &#8211; 27 octobre Une militante afghane, un chef d\u2019entreprise fran\u00e7ais et deux philosophes sont les laur\u00e9ats de la 9e \u00e9dition du Prix de la La\u00efcit\u00e9, d\u00e9cern\u00e9 ce lundi 27 octobre 2014 \u00e0 la Mairie de Paris, en pr\u00e9sence [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":157,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[23],"tags":[],"post_format":[],"class_list":["post-156","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-evenements-et-actions-en-soutien-aux-femmes-dafghanistan"],"blocksy_meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/156","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=156"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/156\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/media\/157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=156"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=156"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=156"},{"taxonomy":"post_format","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.negar-afghanwomen.org\/2\/wp-json\/wp\/v2\/post_format?post=156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}