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17-01-2018
 
 
Conférence de Doushanbé - 27 et 28 juin 2000 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Conférence de Doushanbé - 27 et 28 juin 2000
LE RECIT DES JOURNEES DE DOUCHANBE


La délégation étrangère est arrivée à Douchanbé le 26 juin au soir. Elle a été reçue par une délégation des différentes associations féminines afghanes, et des enfants des lycées afghans, filles et garçons, vêtus des vêtements traditionnels.
Monsieur Arianfar, Attaché Culturel à l'Ambassade afghane de Douchanbé, était également présent, ainsi qu'un responsable du lycée afghan Samanian, et l'ingénieur Mirdad Khan Panjshiri, conseiller auprès du ministère afghan de l'agriculture. Ils étaient accompagnés par des responsables des associations de femmes tadjikes, dont Latafat Nasrudinwa et Khanum Mounira.


Les 27 et 28 juin, la conférence s'est déroulée dans les salons de l'hôtel Avesta de Douchanbé qui a accueilli, matin et après-midi, 250 personnes.
Le premier jour a débuté avec le discours d'accueil et de bienvenue de la présidente de l'"Association des Femmes du Tadjikistan", Madame Latafat Nasrudinwa. Il a été suivi par l'intervention de Shoukria Haidar, présidente de NEGAR, qui a précisé les buts de cette conférence et les raisons de la présence de la délégation des femmes étrangères:
"En venant à Douchanbé, nous avons deux buts: d'abord affirmer notre solidarité avec les femmes d'Afghanistan, ensuite lutter contre la dictature des Talibans en recueillant des témoignages de leurs crimes et en soutenant l'élaboration, par les femmes afghanes présentes, de la "Charte des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane".

L'intervention suivante, de Khaleda Messaoudi, a enthousiasmé l'auditoire, sensible au témoignage d'une femme musulmane, venant d'un pays, l'Algérie, où sa tête est mise à prix par des extrémistes islamistes qui font régner la terreur et ont la même position que les Talibans vis à vis des femmes:
"Seuls la résistance, la lutte et le combat paient. La liberté sur sa propre terre n'a pas de prix. J'espère de tout cœur que les femmes et les hommes afghans sauront donner la preuve qu'il est possible d'accoucher d'une démocratie en terre d'Islam", a-t-elle conclu.

D'autres intervenants, comme Constance Borde et Gérard Cardonne, ont ensuite affirmé leur solidarité avec les femmes afghanes.
La journée a été interrompue par le déjeuner qui a rassemblé les 250 participantes, et l'après-midi s'est poursuivi avec les libres interventions des femmes afghanes et étrangères sur les droits des femmes.
La matinée du 28 était consacrée à la rédaction de ce qui est devenu "La Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane".

Ont participé à la rédaction de cette déclaration, autour de Shoukria Haidar et des cinq autres femmes afghanes venues de France et d'Amérique, deux représentantes de chacune des associations de femmes afghanes de Douchanbé, ainsi qu'une Afghane indépendante, soit vingt-sept femmes qui ont pris en compte des Déclarations Internationales des Droits Humains et les Constitutions de l'Afghanistan de 1964 et 1977.

La rédaction de cette déclaration était devenue nécessaire pour les Afghanes, devant le silence coupable de la communauté internationale qui, faisant fi de la Déclaration Internationale des Droits Humains, s'abstient de condamner la barbarie des Talibans sous prétexte de culture et de tradition afghane, et ainsi abandonne un pays entier à la tyrannie et à l'arbitraire au contraire de toutes les règles internationales.

Cette Déclaration affirme les Droits fondamentaux basés sur la dignité auxquels les Afghanes ont droit au même titre que toutes les femmes du monde.
Une fois rédigée, cette Déclaration a ensuite été soumise à l'approbation des 250 femmes afghanes présentes l'après-midi et représentatives de différents courants de la société afghane, de différentes ethnies et de différentes régions.
Etaient ainsi représentées des femmes de Kaboul et des provinces du Badakhshan, de Takhar, de Nangakhar, de Kunduz, de Samangan, de Kandahar, de Balkh, de Jowzjan, de Hérat, de Baghlan, de Bamian, de Parwan, de Kapisa..., d'ethnies Tadjikes, Pachtounes, Ouzbèkes et Hazaras, qui l'ont approuvée à l'unanimité.

Cette Déclaration est ainsi une affirmation à la face du monde entier que la dictature des Talibans actuellement en place à Kaboul n'est en rien une émanation du peuple afghan, que tous les décrets que les Talibans proclament et qui portent atteinte aux Droits des femmes en particulier ne sont en aucun cas issus de la tradition et de la culture de l'Afghanistan.
Par conséquent, nous demandons à tous les pays démocratiques et à toutes les instances internationales dans le respect des Droits Humains de condamner fermement cette dictature sanglante et d'agir par tous les moyens pour faire cesser l'ingérence étrangère en Afghanistan, en particulier l'intervention militaire pakistanaise, soutien de la dictature talib, de façon à ce que le peuple afghan retrouve son indépendance et sa dignité.
La Déclaration veut aussi être une référence pour tout gouvernement afghan qui devra la respecter et l'appliquer.
En même temps que les femmes afghanes rédigeaient la Déclaration de leurs Droits, les femmes étrangères présentes lançaient "L'appel de Douchanbé" pour dénoncer les actes de barbarie commis par les Talibans en Afghanistan, principalement à l'encontre des femmes, leur soutien pakistanais et la neutralité de la communauté internationale, et pour appeler tous les états démocratiques à soutenir la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane, et à tout faire pour installer un gouvernement démocratique en Afghanistan.


Ces deux journées de conférence ont été retransmises par les télévisions et radios locales et régionales, les télévisions et radios afghanes en Europe et en Amérique... et ont pu être suivies à l'intérieur de l'Afghanistan par les auditeurs de la BBC en persan, de RFI en persan, de la "Voix de l'Amérique" en persan, et de la radio tadjike. Dans la vallée du Panjshir, la presse locale s'est aussi faite l'écho de l'événement.

Le 30 juin, une délégation de neuf personnes pouvait se rendre au Panjshir: les Afghanes Maliha Zulficar, Manila Amani, Chekeba Hachemi et Hassina Sher-Jan, l'Américaine Mary Quin, la journaliste algérienne Nadia Bouzeghrane, et les journalistes français Gérard Cardonne, Sophie Marsaudon et Françoise Causse. Ils ont pu se rendre dans des camps de réfugiés venus du Plateau de Chamâli, enregistrer leurs témoignages, et rencontrer le Commandant Massoud; celui-ci leur a accordé une entrevue d'une heure au cours de laquelle la Déclaration lui a été présentée; il l'a approuvée totalement et l'a officiellement ratifiée.


Grâce au soutien massif et à la participation enthousiaste des hommes et des femmes de la communauté afghane, de toutes les associations afghanes de Douchanbé, des autorités tadjikes et des autorités afghanes, cette conférence a été un succès, dans son déroulement et dans son impact sur la communauté afghane, aussi bien à l'intérieur de l'Afghanistan qu'à l'extérieur.

Cette Déclaration est un document de base pour la lutte des femmes afghanes vers leur liberté. Elles se doivent maintenant de la faire connaître, aussi bien à toutes les associations de la diaspora afghane qu'aux instances internationales comme l'ONU à qui on demandera de prendre toutes les dispositions pour la faire respecter et l'appliquer; et dans cette tâche, elles ont besoin du soutien massif de tous les mouvements féministes et féminins du monde et de toutes les organisations défendant les Droits Humains et la Liberté.



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