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20-07-2018
 
 
3 mars 2011. Conférence de presse de Shoukria HAÏDAR, Présidente de NEGAR Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Un an après la Conférence Internationale de Londres sur
l'Afghanistan, où en sont les droits des femmes afghanes
dans le contexte de mise en œuvre du "processus de réconciliation"
avec les taliban ?
3 mars 2011. Conférence de presse de Shoukria HAÏDAR, Présidente de NEGAR,
Palais du Luxembourg

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Le 28 janvier 2010, le Président afghan Hamid KARZAÏ, sans consultation des instances politiques, ni de la société civile afghane présentait un projet soutenu par le Royaume Uni lors de la « Conférence de Londres sur l’Afghanistan ». Il obtenait des 70 pays représentés à
Londres la validation d’un plan de paix incluant une « stratégie de la main tendue » ainsi que la mise en place d’un fonds international pour soutenir la « réintégration » des taliban.


Une Loya Jirga (Grande Assemblée) de la paix était programmée pour mettre en œuvre cette réconciliation.

 

 

La société civile afghane, dont les associations féminines, parmi lesquelles NEGAR (plus de 200 associations et organisations réunies lors de la conférence de Kaboul le 25 janvier 2010), qui s’était très énergiquement mobilisée dès qu’elle avait su le projet du Président
Karzaï, a alors interpellé les responsables politiques de la communauté internationale partout en France, en Europe et dans le monde, pour qu’ils prennent conscience de la gravité et du danger de ces décisions prises à la légère. Cette mobilisation a permis un certain
nombre de corrections, mais elle n’a pas réussi à écarter le danger que représente la négociation avec les taliban.

La Grande Assemblée de Kaboul, « Jirga consultative pour la paix », a réuni 1600 délégués du 2 au 4 juin 2010. Sous la pression de la communauté internationale et des féministes, les femmes ont été intégrées à cette Jirga à hauteur de 22%.

Le discours de clôture de la Jirga a confirmé que les taliban devaient respecter la Constitution, dont l’article 22 du chapitre II garantissant les droits des femmes.
Cependant, alors que cette « Jirga consultative pour la paix » ne devait être que consultative, sous l’influence du gouvernement, elle a émis les recommandations les plus inquiétantes :
- relâcher les taliban prisonniers qui n’ont pas encore été jugés,
- sortir en urgence les taliban de la liste noire de l’ONU, 2
- que l’Etat et les forces internationales assurent la sécurité et une vie décente (logement, travail, salaire et formation) à ces taliban.

Les afghans, inquiets de ces recommandations, sont pessimistes : ils ne voient pas comment le plan de paix promis par la Jirga pourrait être durable ni même possible. Leur confiance en la communauté internationale est ébranlée.
Aujourd’hui, la situation s’est considérablement dégradée. Non seulement les attentats, les actes de violence s’exercent dans le sud, mais ils se sont propagés dans le nord et le centre du pays. Les taliban multiplient les attentats, posent des bombes, se font exploser, organisent des massacres (par ex. la Kabul-bank à Djalalabad), des lapidations (à Kunduz, à Maimana).

L’an dernier, il ya eu (source Afghan Rights Monitor), plus de 2400 tués, et 3200 blessés.
Le sacrifice politique, comme celui du chef de la Direction Nationale de la Sécurité et celui d’autres, assassinés ou contraints à la démission, n’a pas affaibli la violence des taliban.
C’est une mauvaise procédure pour un plan de paix car d’autres se rallient aux taliban pour bénéficier des avantages qui leur sont offerts (terre, maison, formation, métier). Soutenus par le Pakistan dont c’est l’intérêt politique et qui constitue leur sanctuaire arrière, les taliban
rejettent toujours la négociation.

Plus inquiétant, leur audace est encouragée : les partisans d’Hekmatyar, allié des taliban, s’implantent de plus en plus dans les différents départements, y créent des madrasa où l’on incite les jeunes à empêcher les filles d’aller à l’école, et les femmes d’aller travailler. Ils développent une hostilité à l’égard des étrangers.
De plus, la corruption va s’accroissant – contrairement aux engagements pris par le Président Karzaï -, ainsi que la pauvreté, particulièrement celle des femmes qui conduit au développement de la prostitution, et pousse les très jeunes enfants au travail et à la
mendicité.
La production de drogue et de stupéfiants reste aussi importante que précédemment ; elle couvre 90% des besoins internationaux et va de pair avec l’existence des taliban.
La question de la sortie des armées étrangères de l’Afghanistan.
Certes, une date pour leur départ doit être déterminée en concertation avec les assemblées, mais la Communauté internationale, dans cette situation, n’a pas le droit d’abandonner l’Afghanistan, comme elle l’a fait en 1992, après la chute du gouvernement pro-soviétique.

Où en sont les engagements pris lors des accords de Bonn ?

L’Afghanistan reste toujours le 1er pays producteur de drogue. Chassés en 2001, les taliban, sont une menace de plus en plus grave contre la paix, la sécurité, et les droits des femmes.
Le seul objectif qui est plus ou moins atteint aujourd’hui est la mise en place des organes de l’Etat, mais ceux-ci sont incapables d’assurer le relai, en l’absence de troupes internationales, contre les menaces du Pakistan portées par les taliban, contre la mafia de la drogue, contre la corruption, et contre l’affrontement entre les différents pays pour l’hégémonie régionale.

Contacts : negarafghanwomen@ymail.com ; www.negar-afghanwomen.org

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