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COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DU 8 MARS ORGANISEE PAR NEGAR A KABOUL
Pour la deuxième fois depuis la fin de la guerre, NEGAR a voulu célébrer à Kaboul le 8 mars, Fête internationale des Femmes et s'associer à la Marche Mondiale des Femmes
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16-07-2018
 
 
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CONFERENCES DES FEMMES AFGHANES ORGANISEES PAR NEGAR EN 2003

1-La 1° conférence de Kaboul ( 3 août 2003 )


Elle s'est déroulée dans l'après-midi du 3 août dans une salle de l'hôtel « Setâra » dans le quartier de Shahr-I-Nao à Kaboul. Il s'agissait d'organiser une cérémonie pour la remise d'une partie des signatures de soutien à la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane aux représentants de la Commission de révision de la Constitution.
Certains ministres et vice-ministres nous ont honorées de leur présence et ont fait des discours pour soutenir la Déclaration et l'action de NEGAR : M. Qanouni, Ministre de l'Education ; M. Farhang, Ministre de la Reconstruction ; M. Moubarez, Vice-Ministre de la Culture ; Mme Qamar, Vice-Ministre des Affaires Sociales et Responsable des Kodakistans.
Shoukria et Nasrine ont expliqué la démarche de NEGAR et l'importance de la reconnaissance des droits des femmes dans la future constitution pour l'avenir de l'Afghanistan et de toute la région.

Enfin les deux valises pleines des 86 444 signatures apportées de France par Shoukria et comptabilisées à Kaboul par l'équipe de NEGAR, ainsi que les signatures déjà récoltées en Afghanistan, au total une centaine de milliers, ont été remises, sous la forme d'une vingtaine de paquets de feuilles, par des professeurs et des élèves de nos classes clandestines, et Mme Zara, Directrice de la Direction de l'alphabétisation pour l'Afghanistan, aux deux représentants de la Commission qui avaient pu se libérer pour l'occasion, M. Elâhi (qui devait malheureusement décéder quelques semaines plus tard), et une de ses collaboratrices. .

La cérémonie s'est terminée par une collation servie à toutes les personnes présentes, dont une grande majorité de femmes, parmi lesquelles des directrices d'écoles, des professeurs d'université, et des femmes en uniformes, de l'armée afghane et de la police de Kaboul...


2-La conférence de Charikar ( 21, 22, 23 août 2003 )

Pour cette conférence, nous avons eu le plaisir d'avoir avec nous nos amies de NEGAR-LILLE, Françoise Carer et Odette Gardiner. .
Le gouverneur de la province ainsi que le Commandant de la Sécurité de Charikar nous ont donné toutes les facilités pour que la Conférence se déroule au mieux. Ils ont mis à notre disposition la Salle de Conférence de la « Sécurité », ainsi que le salon du Commandant et un autre petit salon pour le travail en commissions ; les repas ont pu être organisés sur place avec le cuisinier de la « Sécurité ».

L'Association des Affaires des Femmes de Charikar et sa directrice Shah-Jan, ainsi que Zakia, directrice du lycée de filles de Jabul-Seraj, sous-préfecture de la province, se sont aussitôt mobilisées pour le choix de la centaine de femmes instruites, de niveau bac ou faculté, qui devaient participer à ces 3 journées de travail, et pour la rédaction et la distribution des cartes d'invitation.

Le matin du premier jour étaient invités tous les dignitaires de la province. La séance a débuté par les discours du Gouverneur, du Commandant de la Sécurité, du Directeur de la Direction de l'Education, du Directeur de l'Université de Pédagogie, de Shoukria, de Nasrine, et de Shah-Jan.
Après le repas de midi, le travail commençait avec la répartition des femmes (venues de Charikar, et des sous-préfectures de Jabul-Seraj et de Gulbahar), enseignantes, ou travaillant dans le domaine médical ou l'administration, en 3 commissions : 10 femmes dans la commission de l'éducation, 10 autres dans la commission des affaires sociales, et 40 dans la commission droits des femmes, constitution et processus de paix.

Le travail en commissions a continué le deuxième jour, du matin au soir, un transport étant organisé pour les femmes venues de Jabul-Seraj et de Gulbahar.
Le matin du troisième jour, chaque commission finissait la rédaction de son rapport et une Résolution était adoptée par toutes les participantes ; dix femmes étaient ensuite élues pour représenter la province à la grande conférence finale de Kaboul.
Les dignitaires étaient de nouveau invités au repas de midi, et l'après-midi écoutaient la lecture de la Résolution , et faisaient les discours de clôture, suivis d'un chant par les élèves du 2° lycée de filles de Charikar.
Nos amies de NEGAR-LILLE ont aussi voulu faire un geste d'entraide et ont octroyé 2320 $ pour la fabrication de chaises et de tables pour le nouveau lycée professionnel de filles de Charikar, et 800$ pour le terrain de sports du lycée mixte de Oulouswali-Salang.


3-La conférence de Hérat ( 30-31 août, 1° septembre 2003 )

L'expédition Paris-Kaboul menée par Olivier Weber, grand reporter au Point, avec qui Shoukria avait eu des contacts avant son départ, devant arriver à Hérat fin août, NEGAR s'est arrangée pour que la conférence de Kaboul se passe au même moment, de façon à ce que les journalistes faisant partie de l'expédition puissent y participer.
Le maire de Hérat, M. Moudjadidi, nous a été d'un très grand soutien, mettant à notre disposition l'Hôtel du Parc et son salon de conférences dépendant de la mairie, et faisant de son mieux pour que tout se passe bien.

L'Association des Affaires des Femmes de Hérat s'est mobilisée pour écrire les cartes d'invitation et les distribuer. Mais au dernier moment, nous avons appris qu'avant de commencer la conférence, Shoukria devait impérativement rencontrer Ismael Khan. Le calendrier très chargé de celui-ci nous a obligées à patienter plusieurs jours, et quand enfin Shoukria a pu avoir son entrevue, au cours de laquelle Ismael Khan lui a donné le feu vert pour la conférence, il était trop tard, nos billets d'avion étant déjà réservés pour le retour.

Tout le monde a été très déçu, mais ce n'est que partie remise. Nous avons maintenant tous les contacts nécessaires, et nous envisageons de retourner à Hérat, avec une invitation personnelle d'Ismael Khan.
L'étape suivante de l'expédition Paris-Kaboul étant Bamiyan, nous avons décidé de faire la conférence suivante à Bamiyan.


4-La conférence de Bamiyan ( 11, 12, 13 septembre 2003)

L'Association des Affaires des Femmes de Bamiyan, avec sa directrice Mme Hawa, nous a mis en contact avec le gouverneur de la province et le maire de la ville, qui ont laissé à notre disposition le seul salon de conférences disponible dans la ville.
Il faut rappeler ici que Bamiyan a été entièrement rasée par les Talibans, ses habitants (Hazaras) qui n'avaient pu fuir ont tous été massacrés, hommes, femmes et enfants. Heureusement, une grande partie a tout de même pu s'échapper, mais pendant plusieurs années, il ne restait plus un Hazara vivant à Bamiyan, occupée par les miliciens talibans.

Après la chute des Talibans, les habitants qui avaient fui sont revenus ; ils ont peu à peu reconstruit leurs maisons, et les autorités ont construit un nouveau bazar à environ 1 km. de l'ancien. Mais l'ancien bazar, qui s'étendait au pied des célèbres statues de Boudha n'est plus qu'un champ de ruines, et beaucoup d'habitants vivent en troglodites ou sous la tente.
Il est très difficile de trouver des femmes instruites à Bamiyan, où les écoles étaient pratiquement inexistantes avant la guerre ; nous n'avons finalement pu réunir que 32 femmes ayant un niveau lycée ou bac, la majorité de retour d'Iran, où leur famille avait émigré, et quelques élèves des lycées qui viennent d'être construits. Nous avons donc décidé de compléter ce petit nombre par des femmes non instruites, mais actives dans leur quartier ou leur village situé dans les vallées proches de Bamiyan.

Nous sommes arrivées finalement au nombre de 100 femmes, très motivées, et tout s'est parfaitement déroulé, et la réception des dignitaires de la ville, dont un Maulawi, tous conscients de l'importance à donner aux droits des femmes et à la démocratie, et le travail en commission, où, si les femmes ont beaucoup appris, nous aussi avons beaucoup appris sur leurs conditions de vie et leurs difficultés.
Les membres de l'expédition Paris-Kaboul étaient présents et ont pu assister aux débats.

Nous restons en contact avec les dirigeantes de l'association des femmes, dont l'une est déjà venue nous rendre visite à Kaboul.


5-La conférence de Faizabad ( 16-17, 19 octobre 2003 )

Après la conférence de Bamiyan, nous avons été occupées par l'arrivée de Françoise Hostalier, ancienne ministre, invitée pendant une semaine avec ses deux collaboratrices dans la maison NEGAR, et l'arrivée à Kaboul de l'actuelle Ministre des Droits de la Femme, Mme Hameline, qui nous a accordé plusieurs entretiens.
Puis nous avons reçu Claire Nancy, de NEGAR-STRASBOURG, avec Hafifa et Laetitia Gardin, de Strasbourg, venues faire avancer le projet de NEGAR de construction d'un kodakistan.

Enfin, nous avons décidé de lancer la conférence de Faizabad à laquelle Hafifa et Laetitia ont pu participer.
Dès notre arrivée, nous avons contacté le sous-gouverneur, le gouverneur étant absent, qui a mis à notre disposition le seul salon de conférences de la ville, celui de la « Sécurité ».

Les deux associations féminines de Faizabad, l'Association des Affaires des Femmes, avec sa directrice Mme Anisse, et l'Association des Femmes du Travail Bénévole, avec sa directrice, Mme Anissa, nous ont aidé à rédiger et à distribuer les cartes d'invitation. Au contraire de Bamiyan, mais en revanche comme à Hérat, le nombre de femmes instruites, diplômées de l'Université, est très important.
Comme nous arrivions au moment des élections des représentants à la future Grande Assemblée, nous avons décidé de ne pas faire la conférence le jour des élections, et donc de reculer le troisième jour de conférence d'une journée.

La conférence s'est déroulée normalement. Le premier jour, les dignitaires de la province, dont M. Rabbani, ont fait les discours d'ouverture, ainsi que les directrices des associations de femmes et Shoukria. Puis le travail en commissions a commencé et s'est poursuivi le deuxième jour. Enfin, le dernier jour, nous avons appris qui était élu pour la Grande Assemblée : Mme Anisse, La Directrice du Lycée de Filles n°1 et une enseignante.

Il a été très difficile d'élire 10 représentantes de ces 3 jours de conférence pour venir à la grande conférence de Kaboul, car toutes étaient très enthousiastes et désiraient venir! Finalement, nous aurons 16 représentantes à Kaboul. Et 5 femmes ont désiré adhérer officiellement à NEGAR.


6-Les conférences de Kunduz, Taloqan, Mazar

Nous avons donc décidé de commencer la suite des conférences par les villes du nord, Mazar-I-Sharif, Kunduz et Taloqan. Envisageant de partir par la route, nous aurions pu ajouter les villes de Pul-I-Khumri et Samangan. Malheureusement, la veille de notre départ, des chutes de neige considérables ont bloqué pendant plusieurs jours l'accès au col du Salang, et nous avons dû renoncer à partir par la route. Nous avons donc pris le premier vol, qui partait deux jours plus tard pour Kunduz, où nous avions décidé de commencer les conférences.

Notre équipe comptait huit personnes. Arrivé au-dessus de l'aéroport de Kunduz, l'avion n'a pu atterrir, le pilote ne pouvant voir la piste à cause du mauvais temps, et nous avons donc été déportés sur l'aéroport de Mazar-I-Sharif.
L'équipe a donc dû se scinder en deux, un groupe restant à Mazar pour y préparer la conférence, l'autre se rendant par la route à Kunduz et à Taloqan. En passant par Samangan et Pul-I-Khumri, nous avons pu réunir les groupes de femmes de ces deux villes. Et à Mazar, nous avons pu inviter des femmes de Shiberghan et de Maïmana où nous ne pouvions nous rendre, faute de temps.

Le résultat de ces conférences est tout-à-fait satisfaisant. Dans chaque ville, nous avons pu contacter les autorités locales, le gouverneur de la province, le maire de la ville, le président de l'Université locale, et nous avons travaillé en étroite collaboration avec la direction des affaires des femmes de la province, et les différentes organisations de femmes dans chaque ville.
Au début de chaque conférence, les discours des gouverneurs des provinces de Balkh, Kunduz et Takhar, des maires de Mazar, Kunduz et Taloqan, ainsi que des commandants de la Sécurité locale, ont été très encourageants pour notre action ; leurs positions sur les questions des droits des femmes, sur la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane, ont eu un impact très positif sur toutes les femmes présentes.


Dans toutes les villes, tous les dirigeants présents, ainsi que tous les invités et toutes les participantes, ont signé le Manifeste de Soutien à la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane. L'accueil a été favorable partout.
Lors des lectures des articles de la nouvelle Constitution, toutes les participantes se sont montrées très intéressées, attentives et soucieuses de donner leur avis, bien qu'elles n'aient pas eu auparavant connaissance du texte, ni du processus de Bonn. L'ambiance était vivante, les débats et les discours logiques et constructifs.

Les pochettes distribuées à chaque participante contenaient le texte de la nouvelle Constitution, celui des Accords de Bonn, les documents de l'association NEGAR, comme la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane, et son Manifeste de Soutien, la Charte Internationale des Droits de l'Homme et celle des Droits de l'Enfant.

Nous avons abordé les textes proposés par divers groupes de femmes sur la Constitution, avons effectué un travail d'approfondissement, de réflexion sur ces textes, et reçu les propositions de la part des femmes, dont voici quelques points importants et sensibles sur lesquels elles insistaient, qui n'étaient pas mentionnés par la Constitution :
- L'âge minimum légal du mariage ; proposition : 18 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons.
- L'interdiction du mariage des jeunes filles avec des hommes très âgés.
. . .
Toutes leurs propositions ont suscité beaucoup d'attention de la part des participantes qui y ont réfléchi, en ont modifié certaines, en ont proposé d'autres.
Shoukria a aussi proposé différents ajouts, modifications, ou suppressions concernant le texte de la Constitution, notés par deux secrétaires et acceptés à l'unanimité, dont nous vous joignons la liste à part. Une troisième secrétaire notait les propositions faites par les femmes qui souhaitaient qu'elles figurent dans la Résolution Finale.
L'ambiance était cordiale, pleine d'espoir ; à la fin, chaque participante et chaque groupe désignaient leurs déléguées à la Conférence de Kaboul.
Une fois élaborée, la Résolution était lue et discutée, puis approuvée à l'unanimité.
La presse locale, présente, diffusait l'événement avec beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme.

Finalement, nous pouvons dire que ces conférences sont un succès ; leur renommée s'étend à toutes les provinces, et beaucoup de représentants des provinces désirent que nous venions chez eux.
Tous les participants signent le Manifeste de Soutien à la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane, et toutes les femmes en prennent de nombreux exemplaires qu'elles vont faire signer autour d'elles et que leurs représentantes vont amener à la grande conférence finale de Kaboul.

Galerie Photos Conférences Fayzabab et Kunduz

Galerie Photos Conférence de Bamiyan

Galerie Photos Taloqan et Mazar-i-Sharif

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