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COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DU 8 MARS ORGANISEE PAR NEGAR A KABOUL
Pour la deuxième fois depuis la fin de la guerre, NEGAR a voulu célébrer à Kaboul le 8 mars, Fête internationale des Femmes et s'associer à la Marche Mondiale des Femmes
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20-04-2018
 
 
Rapport de voyage effectué au Panjshir,et dans les départements de Parwan et Kapisa 07/08.2000 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le 21 août dernier, je quittais le Panjshir en hélicoptère, après 5 semaines passées dans la vallée. Pendant ces 5 semaines, accompagnée d’un responsable afghan, l’ingénieur Mirdad, j’ai sillonné la vallée de haut en bas, à la découverte des 27 écoles accueillant des filles ouvertes dans 22 villages et 5 camps de réfugiés .

Après les destructions dus aux bombardements soviétiques des années 80 qui avaient provoqué l’exil de tous les Panjshiris, et le retrait de l’Armée Rouge en 1989, les réfugiés ont reconstruit leurs villages. La 1° école de filles a alors été organisée dans le village de Sangona par Nadjiba, titulaire d’un baccalauréat obtenu à Kaboul et femme d’un moudjahed tué par les Soviétiques et originaire de ce village.

Mais l’ouverture d’autres écoles a stagné pendant plusieurs années, faute d’enseignantes, jusqu’à ce que les Taliban s’emparent de Kaboul en 1996. Nombre de femmes et de jeunes filles titulaires du baccalauréat ont alors quitté Kaboul pour se réfugier dans leurs villages d’origine, et sur la demande du Commandant Massoud, leader de la Résistance aux Taliban, ont commencé à organiser des écoles accueillant les filles.

J’ai donc pu visiter ces 27 écoles, 9 étant mixtes, et 18 accueillant seulement des filles, une seule disposant d’un bâtiment propre, le lycée de Sangona, toutes les autres étant installées dehors, sous une tente ou dans la mosquée du village.

Outre le manque de bâtiments, les élèves manquent de matériel scolaire, de livres, de tableaux, de craies… Ils sont assis sur la terre nue ou dans la poussière.
Les salaires des professeurs sont très faibles et rarement versés, tout l’effort budgétaire gouvernemental étant concentré sur la défense du pays.

L’aide de NEGAR a été distribuée en mains propres à tous les élèves de ces 27 écoles et à tous les professeurs et agents de service.
Elle a concerné aussi les lycées de filles de Djabul-Seraj et de Oushtourgeram (Kohistan), et le lycée mixte de Oulouswali Salang.

Tout le matériel a été acheté à Gulbahar, gros bourg situé à l’entrée du Panjshir, et à Djabul-Seraj, situé au pied du Salang. Le matériel a été amené clandestinement depuis Kaboul, à dos d’ânes et de nuit pour franchir la ligne de front entre les forces gouvernementales et les Taliban.

3 231 élèves ont reçu cahiers, crayons, gommes, stylos
170 professeurs ont reçu cahiers, bics et règles
26 écoles et 2 lycées ont reçu boîtes de craie et cartes de géographie
13 écoles et 1 lycée ont reçu le nombre de tableaux nécessaires
3 écoles et 1 lycée ont reçu une centaine de m2 de tapis pour éviter aux élèves d’être assises sur la terre nue
Les 11 professeurs de 3 écoles éloignées ont reçu de 1 à 2 mois de salaire

Le total des dépenses s’est élevé à 17 500 F.

Cette aide peut sembler dérisoire, mais elle a été grandement appréciée par ses bénéficiaires ; c’est la 1° fois qu’une association aide concrètement la totalité des écoles de filles, et cette aide permet de redonner un peu d’espoir à des gens qui résistent seuls aux offensives des Talibans soutenus par le Pakistan et Al-Qaida, et qui se sentent oubliés du monde entier.

J’ai été très frappée par le dévouement de tous ces professeurs, des femmes à 98 %, qui, malgré les énormes difficultés auxquelles elles doivent faire face, s’obstinent malgré tout à enseigner, comme elles le répètent partout, « pour l’amour du pays et pour l’avenir des enfants et de la patrie. »

Les fillettes sont ravies de venir à l’école, même si cette « école » a des bâtiments virtuels, et si les cours se déroulent sous les arbres de la place du village, dans une tente surchauffée ou dans une pièce obscure, et même si la plupart sont sans nouvelles de leur papa qui se bat sur la ligne de front, et s’il faut régulièrement courir se mettre à l’abris sous les rochers quand les avions pakistanais lâchent des bombes sur les villages…

Chantal

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