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Projet de construction d'un kodakistan (crèche maternelle)
Kodakistan : structure d’accueil de la petite enfance (de 3 mois à 6 ans), ou « jardins d’enfants »,
Fiche du projet

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20-07-2018
 
 
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I – CONCEPTION DU PROJET

1. Description

Au début de l’année 2002, un mois après la chute du régime Taliban et le début du processus de paix en Afghanistan, Shoukria Haidar, présidente de l’association NEGAR-SOUTIEN AUX FEMMES D’AFGHANISTAN, avait l’occasion de prendre contact avec le tout nouveau Ministre des Affaires Sociales afghan, Monsieur Mir Wais Sediq.

Effaré par l’ampleur des destructions dues à la guerre, à Kaboul entre autres, et l’immensité de la tâche à accomplir en matière de reconstruction, celui-ci encourageait Shoukria à visiter quelques-uns des nombreux « kodakistans », c’est-à-dire des structures d’accueil de la petite enfance (de 3 mois à 6 ans), ou « jardins d’enfants », organisés depuis l’époque du gouvernement pro-soviétique dans tous les bâtiments publics et tous les quartiers de Kaboul.

Plus ou moins détruits par les tirs de roquettes pendant la guerre de Kaboul (1992-1994), puis laissés à l’abandon sous les Talibans qui avaient interdit aux femmes de travailler, ils allaient néanmoins réouvrir, sans aucun moyen, pour accueillir les enfants des femmes qui étaient maintenant autorisées à reprendre leur travail ou leurs études.

L’association NEGAR décida alors de faire quelques travaux d’urgence dans la mesure de ses moyens : pose de vitres dans 3 kodakistans du quartier de Khaïkhâna, qui s’apprêtaient à réouvrir en plein hiver avec toutes leurs vitres cassées, fourniture de tapis, matelas, ustensiles de cuisine et possibilité de nourrir les enfants pendant trois mois, à un kodakistan d’un quartier en ruines, « Karté Sé », distribution de jeux et jouets à ce kodakistan, ainsi qu’à trois autres de « KartéTchahr »…

Lors de toutes ces visites, Shoukria se rendait compte aussi qu’à côté de la misère matérielle, il y avait très peu de personnels formés pour l’accueil des enfants qui se réduisait plutôt à une simple garderie.

C’est alors que le Ministre de l’Enseignement Supérieur, Monsieur Faez, demandait à l’association NEGAR de participer à la renaissance des kodakistans en construisant un kodakistan sur le terrain de l’Université de l’Education de Kaboul, qui puisse servir et de structure d’accueil pour les enfants des personnels et des étudiants, et de centre de stage pour les futurs enseignants qui sortiront diplômés de cette Université.


2. Besoins

Sur les 5000 étudiants de cette Université, 75% sont des étudiantes, interdites d’études pendant la période des Talibans. Un grand nombre d’entre elles se sont alors mariées et ont maintenant de jeunes enfants qu’elles doivent faire garder pour avoir la possibilité de reprendre leurs études.
C’est aussi le cas de leurs professeurs et de toutes les employées de cette Université qui ont maintenant retrouvé leur travail.

Malheureusement, le kodakistan existant dans cette Université se réduit à deux salles désaffectées dans un coin du bâtiment, sans eau et sans équipements sanitaires, sans chauffage, avec des plafonds qui tombent en ruine et des murs en ciment dépourvus de peinture.

Un bâtiment spécifique est donc nécessaire pour accueillir tous ces enfants, sans compter ceux des 64 familles qui vivent dans deux bâtiments construits sur le site de l’Université, ainsi que les enfants des étudiantes et des personnels de l’Ecole Polytechnique qui se trouve à deux pas de l’Université, et sur le site de laquelle vivent aussi de nombreuses familles, sans kodakistan digne de ce nom pour les accueillir.

Les enfants vivent dans un environnement encore en grande partie détruit par la guerre, sans eau courante, sans système d’égouts, sans électricité ni chauffage central.
Ils ont besoin d’un environnement leur permettant de développer leurs aptitudes physiques et mentales, et de les socialiser, dans le calme et le respect mutuel ; ces aptitudes sont nécessaires pour qu’un état pacifique puisse se développer dans l’avenir.



II – HISTORIQUE

Pour répondre à la demande du Ministère afghan de l’Enseignement Supérieur, NEGAR organise, en 2002, un groupe de travail dénommé « Commission-Crèches » pour étudier la faisabilité de cette opération, et en assurer le suivi, de l’obtention des financements jusqu’à la réalisation sur place.

Dans le cadre de cette mission, en novembre 2002, NEGAR chargeait une de ses membres, Françoise Sogno, architecte, qui a acquis une expérience de construction et restructuration de crèches dans son activité professionnelle en France, de se rendre à Kaboul pour étudier la faisabilité de l’opération au regard du site et des besoins.
Elle retrouvait sur place Shoukria Haidar, présidente de l’association, et Chantal Véron, trésorière, qui avaient organisé une rencontre avec les représentants du Ministère de l’Enseignement Supérieur à fin d’en officialiser la demande.

Le mercredi 20 novembre, les représentantes de NEGAR rencontraient Monsieur Zâher Wahab, Vice-Ministre de l’Enseignement Supérieur, qui a exprimé son souhait de voir NEGAR prendre en charge la construction d’un kodakistan sur le site de l’Université de l’Education.

Le Ministère exprimait sa grande confiance en NEGAR pour mener à bien ce projet, et l’a ensuite confirmée par un courrier officiel signé par le Ministre.
Par ailleurs, il a affirmé que son personnel compétent était à la disposition de NEGAR pour la poursuite des études et des projets.

Le 24 novembre, Mirdad Panjshiri, conseiller auprès du Ministre de l’Agriculture, présentait aux représentantes de NEGAR un ingénieur en Génie Civil compétent et fiable, Monsieur Shehr-Alam, qui a beaucoup construit à Kaboul.
Françoise Sogno lui a présenté différents plans à différents stades d’études (esquisses, plans de consultation des entreprises) de crèches à Paris et en banlieue parisienne, pour évaluer comment la collaboration pourrait se mettre en place entre une équipe de conception française, et une équipe de réalisation afghane.

Pendant toute la durée des études et des travaux, NEGAR sera représentée par Françoise Sogno qui vérifiera que le projet se déroule conformément à ce qui a été initialement dessiné et prévu.
Elle travaillera en collaboration avec l’ingénieur Shehr-Alam, qui sera chargé de sélectionner des entreprises à consulter, de vérifier les devis des entreprises et ensuite de suivre les travaux.

Les contacts entre NEGAR et le Ministère de l’Enseignement Supérieur ont continué pendant toute l’année 2003.

Une deuxième mission, en avril 2003, a consisté en une visite du site, en compagnie du responsable du Plan au Ministère de l’Enseignement Supérieur, pour étudier les raccordements possibles en eau, électricité, évacuation des eaux usées… et aussi en une visite de différents chantiers à Kaboul, pour déterminer le choix des matériaux, du type de châssis, du type de toiture en adéquation avec la typologie locale.
Les plans provisoires du kodakistan ont aussi été soumis au Ministre de l’Enseignement Supérieur et à la Vice-Ministre des Affaires Sociales, dont dépendent tous les kodakistans en Afghanistan.

En décembre 2003, Françoise Sogno revenait à Kaboul avec les différents plans définitifs du kodakistan : plans du site, du rez-de-chaussée, du 1° étage, sections et élévations du bâtiment.
Ces plans étaient présentés au Ministre de l’Enseignement Supérieur qui les approuvait avec enthousiasme, et ensuite donnés au Responsable du Plan pour qu’il y ajoute les détails techniques d’arrivée d’eau et d’électricité et d’emplacement de la fosse sceptique.

Françoise Sogno, et par la suite Shoukria Haidar, ont aussi pris contact avec le représentant à Kaboul de l’association « Architecture et Développement », architecte français responsable de la rénovation du cinéma Ariana de Kaboul, avec qui NEGAR envisage une collaboration pour la construction du kodakistan.


III – PROJET

La demande du Ministère de l’Enseignement Supérieur afghan ne se limite pas à la construction d’un bâtiment. En effet ce ministère souhaite que cet équipement de la Petite Enfance puisse devenir un “modèle”, un projet “pilote”, autant du point de vue de sa conception architecturale et fonctionnelle que du point de vue du système éducatif qui y sera dispensé.

C’est un objectif que NEGAR souhaite ardemment soutenir. Cette opération de construction d’un kodakistan sur le site de l’Université de l’Education à Kaboul consiste non seulement à réaliser un équipement social “pilote” destiné à permettre aux femmes de retrouver un travail ou de retourner aux études, mais également à promouvoir un système éducatif des tous-petits et à proposer un système d’échanges et de formation.

Le but de NEGAR n’est pas de prendre la place des Afghans, mais bien de fournir des moyens en termes financiers, architecturaux et éducatifs, afin que les personnes amenées à fréquenter et s’occuper de cet équipement puissent se l’approprier et qu’il puisse fonctionner de manière autonome.
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