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20-04-2018
 
 
COMPTE RENDU de la MISSION KODAKISTAN - 6/13 mars 2005 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
COMPTE RENDU de la MISSION KODAKISTAN - 6/13 mars 2005
Une SOCIETE RUDE et INEGALITAIRE
La VIE QUOTIDIENNE
Les MALADIES de la SOCIETE
SITUATION POLITIQUE
Des NOUVELLES du KODAKISTAN
Quelques PHOTOS



Une société rude et inégalitaire:

Cependant à côté de ces signes de modernité et de normalisation, on ne peut pas ne pas voir les signes d’une société férocement inégalitaire, avec des signes extérieurs, voitures et maisons de gens très riches, prodigieusement riches nous dit-on, (mais d’où vient cette richesse?), qui font le tour de la planète pour affaires (mais quelles affaires ?), et puis des gens très pauvres, absolument sans ressources, qui meurent de faim, de froid et de manque d’hygiène et sont devenus transparents. Et pas de solidarité, hormis la solidarité familiale quand la famille existe ou la solidarité de la communauté ethnique.
Entre les deux, une classe moyenne formée de femmes et d’hommes souvent cultivés et diplômés, pour beaucoup revenus d’exil pour reconstruire leur pays, et qui a bien de la peine à survivre, sauf quand leur pays d’adoption leur permet de passer ( c’est le cas de quelques universitaires anglais par ex.) une fois leur obligation d’enseignement respectée, une grande partie de l’année à Kaboul où on les retrouve dans les cabinets ministériels. Pour ceux qui n’ont pas cette chance, ils assument deux emplois à la fois pour nourrir leur famille. Travaillant à l’extérieur, leur efficacité dans les ministères où ils sont en poste est limitée.
Beaucoup de difficulté aussi, pour les jeunes formés dans la diaspora, à trouver du travail, si ce n’est dans le cadre associatif. La tentation pour eux de repartir vers les pays de l’exil est grande, et de quel droit les condamner ?
Les jeunes filles de cette classe moyenne qui font des études à l’Université, sont habillées à la maison comme celles de France, jeans et pulls courts et rien sur la tête. Elles sont vives, actives et efficaces et on retrouve chez elles cette détermination dont sont porteuses les femmes de la génération précédente.

Nous avons rencontré les acteurs du Théâtre National d’Afghanistan qui, sous la direction d’une actrice, Golmakaï Shah, essayent de continuer à travailler dans un théâtre ouvert aux quatre vents, détruit par les bombes, sur une scène qui fait face à une salle en ruine dont le balcon s’effondre sur le parterre. En face du théâtre, de l’autre côté de la rue, il y a encore un avion coupé en deux, qui s’est écrasé là, reste de la guerre.
Et pourtant les Kaboulis adorent le théâtre, nous avons assisté à une représentation où le public attentif à l’extrême, riait à gorge déployée et se répétait les bons mots des acteurs. Les pièces sont des sortes de sketches assez courts qui mettent en scène des situations classiques, refus d’une seconde épouse, reconnaissance d’enfants perdus durant la guerre.
Golmakaï Shah nous demandera de dire en Occident que la culture c’est essentiel pour un pays : « Aidez- nous à reconstruire notre théâtre ! »
Les livres ont disparu ( 80% des afghanes et 40 à 50% des hommes sont analphabètes). Dans la maison de Najiba, professeure de mathématiques à l’Université, il y a, chose rare, une étagère avec une quinzaine de livres dont une vieille Grammaire du Français des années 60. Elle en est fière. Un des rêves qui revient est de réintroduire des livres, en particulier pour donner aux enfants le goût de la lecture.
Nous ne verrons pas d’école cette fois, car la rentrée scolaire, du fait de l’hiver, n’aura lieu qu’après la fête de Nowrouz, 1er jour de l’an afghan, le 21 mars.
Mais nous avons assisté aux préparatifs de la rentrée universitaire, perçue comme extrêmement importante, et qui se déroulait, pour diverses raisons d’organisation, dans une ambiance assez tendue, en particulier du fait du problème des gens qui ont du arrêter leurs études durant les années de guerre, qui travaillent aujouird’hui et qui sollicitent par voie de concours l’autorisation de les reprendre.



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